• Dominique et Anne Marie

Villes bétonnées et verticales à l'infini

Mis à jour : févr 8

A la descente d'avion, les premiers kilomètres parcourus en Corée du Sud nous ont laissés perplexes ... Dans quel genre de pays mettons-nous les pieds ? Drôle d'univers urbain ! Des "forêts de tours et de barres bétonnées" à perte de vue. Comment peut-on vivre dans ce type d'environnement ?

Ces constructions en série, compactées dans les plaines, n'est-ce pas la déprime assurée en moins d'une semaine ? ... Premier contact et doutes (en série, comme les tours).

Mais reconnaissons qu'après 11 mois de vie dans un "apateu" (adaptation coréenne du mot américain "apartment"), le quotidien se révèle plutôt agréable et confortable. Pas de déprime donc.

Vue d'une toute petite partie de Daegu depuis le mont Apsan. Les urbanistes ont-ils joué au Lego ?

On ne vient pas en Corée du Sud pour admirer la diversité architecturale de ses villes et leur raffinement ... elles se ressemblent énormément et ne correspondent absolument pas aux canons Européens de "belles villes". C'est un univers bétonné et sans fin de droites, de perpendiculaires, de conceptions "copiées - collées" à la fois horizontalement sur plusieurs hectares et verticalement sur 20, 30 étages ou plus. Les immeubles tendent à être le paysage urbain dominant.

Ville de Daegu vue du Mont Apsan, au pied duquel il reste encore des constructions de petite taille.

Quelques chiffres pour prendre la mesure de Daegu, 3ème ville de Corée du Sud : superficie 885 km2, habitants 2,5 millions, densité de population 2 854 habitants / km2.

Pour avoir un point de comparaison, prenons Lyon, 3ème ville de France : superficie 48 km2, habitants 513 000, densité de population 10 722 habitants / km2.

La ville de Daegu est cernée de montagnes. Le moindre espace plat se transforme en forêt d'immeubles. En tournant le dos à la ville on trouve du vert, du vert et du vert. A portée de chaussures de randonnée. Et des bâtons qui vont avec. Cela monte tout droit !

La Corée étant montagneuse à 70%, les sommets ne se situent donc jamais très loin des zones habitées. Les constructions se trouvent au pied des montagnes mais pas sur les montagnes, alors que celles-ci ne sont pas élevées et non soumises à des tremblements de terre.

Pour les Coréens la montagne a une dimension un peu sacrée : c'est un lieu de temples, de cimetières et de randonnée. Peu d'exploitation économique de ces espaces.

Dans un creux de la montagne Apsan, un temple (à gauche de la photo) au milieu de la forêt. Face à face de 2 mondes.

En ville, derrière un immeuble se cache un autre immeuble. A l'extérieur, les montagnes font de même. Une montagne succède à une autre.


Après la guerre de Corée (1950 - 1953) ce pays se classait parmi les plus pauvres au monde. En moins de 6 décennies, la Corée du Sud est devenue la 11ème puissance économique mondiale. Priorité a été donné à la(re)construction, à l'éradication des bidonvilles ... les recherches et les prouesses architecturales seront pour le XXIème siècle.


Un maître-mot : l'uniformité des constructions. Ici dans la ville de Busan, mais cela pourrait se situer dans toute autre agglomération de Corée.

On dirait une maquette... mais c'est un vrai quartier de Daegu. Reproduction à l'identique sur plusieurs hectares d'un modèle unique de tour.

Copié-collé. Copié-collé. Copié-collé. Copié-collé...

Ctrl C + Ctrl V. Ctrl C + Ctrl V. Ctrl C + Ctrl V. Ctrl C + Ctrl V...

Standardisation d'il y a 15 / 20 ans.

Standardisation plus récente. Inutile de chercher les différences entre ces tours d'un même ensemble, elles n'existent pas.

Empilement dans le quartier Gangnam de Séoul.

Vivre dans ces tours est un signe d'aisance et vécu comme l'accès à la modernité, on y trouve les classes moyennes. Cette publicité sur une avenue de Séoul présente ces résidences de tours comme un idéal, une destination rêvée.

Les ensembles les plus récents et les plus hauts de gamme sont repérables à leurs noms anglosaxons ou parfois français : Summit, I Wish, Park Dream, Lotte Castle, The Zenith, Richeville, ...



Lotte Castle à Daegu pour les familles aisées.

Cela reste du "Castle" copié-collé.

Un autre Lotte Castle à Daegu.

The Zenith dans un quartier chic de Daegu.

Pratique intense de démolition et non de réhabilitation. Ci-dessous, au premier plan une maison ancienne en brique, au centre sur la zone en démolition il reste un immeuble bas de 4 étages, en arrière plan les tours The Zenith. "Bel" exemple de la folie des hauteurs !

Pas certain que les maisons en brique résistent longtemps aux spéculateurs.


Des aménagements apportent un peu de douceur à ces ensembles urbains bétonnés et concentrés.

Pas mal de verdure et d'arbres au pied des résidences et le long des avenues.

Des allées piétonnes le long des petits cours d'eau.

Des rivières plutôt bien aménagées : lieux de rassemblement, de promenade, de gymastique, de sport...et c'est propre !

Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre.

Une piste pour les cyclistes et une autre en matériau souple pour les marcheurs.


Des appareils de gym installés sur l'espace public.

D'immenses practices de golf.

Pour finir, voici le quartier où nous vivons, c'est presque à la campagne, avec des vergers, des rizières et des champs de lotus. Il faut 20 minutes de marche pour accéder à la station de métro + 1 heure de métro pour rejoindre le centre de Daegu. Plus de détails sur notre environnement dans un prochain post.

Pour voir plus en détail le quartier où nous vivons c'est ici :

https://www.chroniquescoreedusud.com/post/lotus-et-rizi%C3%A8res-50-nuances-de-vert


    © 2018. Créé avec Wix.com